2013-2014 ICI

ICI

Performance créée le 2 février 2013 dans le cadre de la Manifesta III au Théâtre de Verre, Paris
25 minutes

Présentée à la Galerie Vincenz Sala – Avril 2013- Paris et au Festival INACT- mai 2013- Strasbourg- Festival Still Moving 2013- Université de Valenciennes 2014- Jeune création 104- Paris 2014

Papier, globe recouvert d’argile, allumettes, radio, bougies, ampoules.

HAMM. – On n’est pas en train de… de… signifier quelque chose?
CLOV. – Signifier? Nous, signifier! (Rire bref.) Ah, elle est bonne!
Fin de partie S. Beckett

VOIR LA VIDE0 2013 //  VOIR LA VIDEO 2014

Ici,Natalia Jaime-Cortez

ICI-Natalia Jaime-Cortez

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ICI-3 Performance Natalia Jaime-Cortez

ICI Natalia-Jaime-Cortez1ICI-4Performance Natalia Jaime-Cortez

ICI-Natalia Jaime-Cortez2J’ai dessiné des mots, une multitude de mots comme des signes. Ils renvoient à tout et à rien, à ce que je devrais dire, à ce que vous pourriez penser, ICI ou là bas, aujourd’hui ou bientôt. Je suis ICI mais l’espace temps est disloqué et je voudrais ne rien oublier ou plutôt tout faire maintenant, ICI. Nous sommes au monde et nous passons. ICI. La mémoire est agitée. ICI. Souvenez vous du ciel bleu, convoquez les absents et demain sera aujourd’hui. Natalia Jaime-Cortez

Images © Agathe Ennevled Occorram, Nabil Boutros, Nathalie Novain, Esmeralda Da Costa, Bleuéne Madelaine

Extrait d’un article/ contre rendu de la performance réalisée au Festival Inact.

Par Aimé Joubert

(…) A propos de ces mots dispersés au sol, l’artiste écrit : « J’ai dessiné des mots, une multitude de mots comme des signes. Ils renvoient à tout et à rien, à ce que je devrais dire, à ce que vous pourriez penser, ICI ou là bas, aujourd’hui ou bientôt. » Ainsi, ces mots renvoient au contenu de tout discours artistique. La performeuse a sectionné, divisé en mots ce qui lui semblait être les principaux signes de ce monde. Son univers, son imaginaire se retrouvent jeté au sol, et chaque feuille devient une fenêtre pouvant nous évoquer des pensées à l’infini. Ne pouvant pas tout dire Natalia Jaime-Cortez ne décide pas de ne rien dire mais de suggérer. Ces mots prennent place dans notre conscience, pour ensuite peut-être résonner dans notre inconscience en suivant un chemin libre. Certains semblent susciter chez l’artiste une attention particulière. Elle place le mot « DERRIERE » sur son dos et part jusqu’au lointain. Au fur et à mesure de la performance, Natalia Jaime-Cortez organise ces mots, les déplace : une architecture se crée au sol. Une route de mots est ainsi créée allant en ligne verticale du public vers le lointain. Les mots se lient aléatoirement, et une narration originale se façonne au fil de leur alignement. De haut en bas apparaissent ces mots dans le sens de la lecture : « JE », « WORLD », « TROU », « VISAGE », « TOI », « END ». La performance se clôt sur une interaction avec le public. L’artiste allume trois cierges produisant des étincelles et les confie à des membres du public. Lorsque ceux-ci sont éteints, la performance est finit.

Au final, seulement un quart d’heure s’est écoulé, mais c’est bien plus qui reste imprimé dans mon souvenir : « La mémoire est agitée. ICI. Souvenez vous du ciel bleu, convoquez les absents et demain sera aujourd’hui. ». Natalia Jaime-Cortez questionne ici la faculté de la performance (et au final, de tout acte théâtral) à bouleverser la temporalité. Le souvenir est perturbé, invoqué, animé. Cette performance nous amène à nous poser un certain nombre de questions. Quel sens accordons-nous aux mots et aux signes ? De quels manière viennent-t-ils s’inscrire dans notre quotidien ? Comment le hasard les réunit-il ? Et comment nous réunit-il, nous ? Comment notre corps éprouve-t-il le temps ? Quelle réponse lui apporter ? En  peu de temps, l’artiste installe une ambiance, exécute devant nous ce qui nous apparaît plus tard comme le rêve d’une expérience vécue, mais surtout, pose les bases d’une véritable interrogation existentielle. Ce qui me frappe dans cette performance c’est la volonté de ne pas donner d’explications. C’est d’ailleurs un des traits majeurs de cet art : le but n’est pas de fournir au public des « concepts à avaler » mais bien de lui présenter un acte spontané, où l’immédiateté prime. La sensation et la présence sont donc capitales : elles participent pleinement à l’acte performatif.

 

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